La danse orientale est un art sulfureux, souvent victime des préjugés. Pourtant, l'Orient ne peut s'en passer et l'Occident s'en empare. Un art qui a tourné la tête des grognards de Napoléon et inspiré Hollywood.
Les « Tsiganes » arrivent en Egypte au Xe siècle, chassés d'Inde par la famine. C'est un pays d'accueil festif dont ils peuvent aisément récupérer les danses pour leur spectacle de rues. Des danses dont les origines se perdent dans la nuit des temps et remontraient aux cultes de la fertilité, de l'amour et de la puberté pratiqués dans l'Antiquité dans les temples. Sous prétexte de distraire le peuple, les Tsiganes vont habilement faire ressurgir cette danse.
Des groupes de danseuses se distinguent au fil du temps, les « Gawazi » (tsiganes) qui dansent pour tout public, et les « almées » (égyptiennes) qui se produisent que devant les femmes. Au milieu du XIX siècle, un style l'emporte sur tous les autres : le « baladi ». Progressivement la danse entre chez les particuliers et dans les cercles aristocratiques.
Au début des années 1930, de nouvelles almées vont surgir des bas-fonds pour se regrouper rue Mohammed Ali. C'est là désormais qu'on les recrute pour les fêtes et les mariages. D'une agilité extraordinaire, elles dansent avec des « sagates » (petites castagnettes en métal), des bâtons et des voiles.
L'arrivée de la variété, du cabaret et bientôt du cinéma va profondément modifier la danse. Une femme jouera un rôle déterminant : Badia Masabni. Actrice de théâtre sans talent particulier, elle se reconvertit dans l'organisation des spectacles et ouvre un cabaret luxueux ou des jeunes artistes vont se produire. Les immenses chanteurs Farid el-Atrache et Asmahan y feront leurs débuts.
Viendra ensuite le cinéma qui couvrira les danseuses de starss et de paillettes, les rythmes orientaux se mélangent à ceux de la rumba, de la carioca et du Jazz, façonnant un nouveau style : le « sharqi ». Les deux plus grandes danseuses que connaître le cinéma égyptien y font leur classes : Tahia Carioca et Samia Gamal. Nouveaux ruthmes, nouvel emploi de l'espace, nouvelles postures et surtout nouveaux costumes, strass, paillettes, soutien-gorge et jupes basse : le solo féminin, dit « raqs sharqi » est née.
Les producteurs de cinéma se jettent sur l'occasion se ouvrent l'âge d'or de la danse orientale et celui du cinéma égyptien, propulsant vers le sucées Tahia Carioca et samia Gamal. Naîma Akef. Jusque dans les annés 1960 où la production cinématographique va décliner, les comédies musicales sont couronnées de succés et rendent célèbres de nombreuses danseuses, dont Souhir Zaki, Nagwa Fouad et Fifi Abdou.
Aujourd'hui la danse orientale fait l'objet d'un engouement extraordinaire dans le monde entier et il suffirait de regarder avec quelle ferveur et quelle rigueur on la pratique à New York, Sao Paulo, Paris ou Tokyo pour mesurer l'ampleur de cet art et le bien-être qu'il dégage. C'est une danse exceptionnelle par le bien-être qu'elle peut apporter, tant physique que psychologique. Basée sur le travail des différentes parties du corps de manière indépendante ou isolée, elle éveille à une meilleure connaissance de soi. En outre, la danse orientale assouplit, détend, tout en restant avant tout un exercice physique, parfois intense, mais jamais violent. On peut démarrer la danse orientale quel que soit son âge ou ses aptitudes physiques.